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Lors de la quatrième croisade, le siège de Constantinople se termina, le 12 avril 1204, par le pillage des trésors accumulés dans l'ancienne Byzance, source pour l'Europe d'un butin gigantesque, dont s'enrichirent les églises de la chrétienté occidentale. Dans sa Conquête de Constantinople, première oeuvre historique importante en langue française, Geoffroi de Villehardouin (1150-1213) écrit:"Il y en avait tant que c'était sans fin ni mesure."

Lorsque Hernan Cortes et ses alliés indigènes prirent et pillèrent, le 13 août 1521, Tenochtitlan (actuelle Mexico), ce fut un massacre épouvantable. D'immenses richesses en or, argent et pierres précieuses partirent pour l'Espagne apparemment devenue le pays le plus riche de l'Ancien Monde. EN réalité, ces richesses provoquèrent une importante inflation et furent, à terme, cause du déclin espagnol.

Que reste-t-il aujourd'hui de tous ces trésors, si ce n'est de rares objets qui font l'orgueil de certains musés?

Publié dans : Itinéraires des gemmes
Mardi 14 novembre 2006
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La thésaurisation a dominé toute l'histoire de l'humanité, dont les guerres et les pillages ont bouleversé les inimaginables amoncellements de pierres précieuses.

L'or, l'argent, les pierres précieuses, les perles, faisaient partie des prises de guerre. Sous le République romaine, le général victorieux offrait une partie de son butin aux dieux, et éblouissait le peuple de Rome en l'exposant lors de son triomphe, cérémonie de gratitude qui lui était offerte. En 62 avant notre ère, le troisième triomphe de Pompée, vainqueur de Mithridate, roi du Pont, fut à cet égard d'un magnificence inoubliable, qui donna aux Romains le goût des perles et des pierres fines : un siècle plus tard, Pline énumère, entre autres, "neuf tablettes couvertes de vases en or et pierreries, trente trois couronnes de perles, une masse d'or quadrangulaire avec cerfs, lions, fruits de toutes sortes entourés d'une vigne, tout en or, une mosaïque de perles comportant un cadran solaire en son faîte, le portrait de Pompée lui même en perles, réel excès plutôt qu'un triomphe..." Et ce même Pompée donna au Capitole la fameuse dactyliothèque de Mithridate, dont 2000 coupes d'onyx et agates diverses sculptées.

 

Publié dans : Itinéraires des gemmes
Lundi 13 novembre 2006
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Au sens strict, une gemme est donc un cristal transparent, dont la couleur  et l'éclat seront magnifiés par l'art du lapidaire, ce que la langue allemande traduit par cristal "taillable". Les gemmes les plus appréciées - diamant, émeraude, rubis, saphir - sont qualifiées de pierres précieuses, et les autres de pierres fines ("fin" prend ici le sens médiéval de "noble", bien exprimé par edelstein, pierre noble en allemand).

Bien que givreux et laiteux, un cristal peut être utilisé si sa couleur est attrayante, et le joaillier parlera alors aussi bien de racine que de pierre ornementale. C'est ainsi que sont désignées comme racines d'émeraude et racines d'améthyste des émeraudes et des améthystes opacifiées par leurs multiples givres et inclusions, mais qui, suite de la vivacité de leur couleur, sont utilisées pour la parure, voire la statuaire, et deviennent alors des pierres ornementales.

De même, diverses roches et des minéraux translucides à opaques, comme la turquoise, le jade, ont une indéniable valeur commerciale, et s'utilisent en joaillerie, soit isolément soit associées à des gemmes au sens propre. Diverses sécrétions animales ou végétales (perles, ivoire, ambre) couramment employées en joaillerie font de ce fait aussi partie de la gemmologie.

Au sens le plus large, le mot gemme désigne tout cristal, toute roche, toute sécrétion animale ou végétale dont la beauté est telle qu'elle peut participer à l'éclat et au rayonnement d'une parure.

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Vendredi 10 novembre 2006
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Ulpien (170-228) fait allusion aux carrières dont la pierre se renouvelle par croissance, et PLine l'Ancien (23-79) signale le merveilleux phénomène des mines d'Espagne qui, après un certain temps d'abandon, produisent de nouveau de l'or. La classique technique de l'exploitation concistant à reprendre les haldes minières après les avoir laissés s'enrichir par action météorique, bien décrite par Jean Baptiste Tavernier dans les récits de ses voyages, est à l'origine de ces croyances qui ont fortement influencé le droit minier romain. Plus tard, ces idées se sont déformées: l'explorateur Livingstone raconte que des tribus africaines enterraient leur or afin d'en tirer davantage de profit. Cette conception de la procréation des gemmes par elles même est restée longtemps vivace. Au Moyen Âge, les auteurs distinguaient toujours des cristaux mâles et des cristaux femelles. Aujourd'hui encore, notre vocabulaire reste imprégné de cette idée: le minéralogiste parle de cristal transparent et propre, le joaillier parle de racine pour désigner un cristal pierreux et givré. Effectivement, un cristal limpide est souvent solidaire de la gangue par une partie givreuse, ce qui évoque bien le bourgeon de nos ancêtres, développé à partir de racines noueuses.
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Mercredi 8 novembre 2006
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Selon le philologue Claude saumaise (1588-1653), le mot grec eima, qui désignait poétiquement un vêtement-ornement, fut transformé en gemma par les Eoliens. Repris littéralement en latin, gemma désigne alors l'ornement au sens large: bourgeon sur la plante, cristal dans le filon métallifère, pierre précieuse sur l'individu. Ainsi le terme gemme traduit il bien en tant que vêtement-ornement, la sensation de nudité ressentie par certaines personnes en ôtant leurs bijoux, et , en tant que bourgeon de pierre, la croyance en la régénération des filons. En effet, au cours de leur progression souterraine, les mineurs exploitaient des filons métallifères pour en extraire l'or, l'argent, le cuivre, l'étain, etc..., et rencontraient des géodes tapissées de cristaux diaphanes et bien formés: quartz, fluorite, calcite... qu'ils considéraient comme des bourgeons assurant la croissance du filon; les encroûtements de malachite ou de sulfates qui se formaient sur les bois de mines incitaient d'ailleurs à croire à la régénération du minerai, et donc des cristaux.
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Lundi 6 novembre 2006
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