Une fois les diamants à vendre classés, la CSO examine les désirs exprimés par les acheteurs,
qu'elle agrée en raison de leur honorabilité et de leurs possibilités financières et techniques. Selon les pierres mises à sa disposition, la CSO prépare un lot pour chacun d'eux. Chaque acheteur
est servi avec le même soin et avec un constant souci d'égalité, afin que chacun ait la même chance compte tenu de sa clientèle locale et de ses possibilités. Lorsque tous les lots sont préparés,
la CSO invite ses acheteurs à venir examiner (d'où le nom de "vue") ce qui été préparé à leur intention. La vue principale a lieu à Londres, une autre est organisée à Kimberley, et une troisième à
Lucerne pour le mêlé (pierres donnant des diamants taillés de moins de 1 carat).
Les acheteurs peuvent discuter avec les responsables des ventes des raisons qui les ont conduits à composer le lot tel qu'il leur est présenté et faire des remarques pour la vue suivante. Mais le
lot présenté est à acheter tel quel (et à payer comptant en dollars) ou à laisser. Une fois d'accord, l'acheteur dispose de 4 jours pour payer. Il est très rare qu'un acheteur renonce à son droit
d'achat. Cela risquerait de le faire rayer de la liste des acheteurs agrées (en effet, il rompt alors le contrat moral qui oblige la CSO à lui fournir régulièrement de la matière première selon ses
besoins).
Les pierres payées sont expédiées par boîte postale, d'où le nom familier de "boîte" qui est donné à l'ensemble des diamants attribués à chacun des quelque 300 acheteurs de la CSO
(dont 95% de tailleurs et 5% de revendeurs). La valeur des boîtes varie de 20 000 dollars à plusieurs millions de dollars.
La préparation d'une vue est une opération complexe qui se reproduit toutes les cinq semaines. Il y avait 12 vues annuelles jusqu'en 1964, mais ce chiffre, ramené à 11 en 1965, est tombé à 10
depuis 1968. Par la constitution de stocks judicieusement gérés, ce système permet d'éviter de grosses fluctuations de prix au niveau du brut.