Chaque groupe social qui reconnaît l'importance d'une gemme, quelle qu'en soit la raison profonde, lui attribue de ce fait même une valeur, si bien que la gemme peut être considérée comme monnaie, dans un consensus général (si tel est actuellement le cas du diamant, tel n'est pas celui du jade, très apprécié dans les civilisations orientales mais très mal connu en Occident). Il est possible que les colliers de nacre de nos lointains ancêtres aient été leur porte-monnaie et leur aient permis d'effectuer des échanges. La gemme devient alors symbole de puissance financière.
Sans doute la parure de bijou participe t'elle un peu de toutes ces motivations. La gemme naturelle, et donc unique, valorise, en la différenciant, la personnalité de celui qui la porte. Mais, par sa similitude avec d'autres gemmes de même nature, elle prouve l'appartenance à un même groupe socioculturel. Par sa grosseur et sa rareté, elle montre le rang social auquel est parvenu son propriétaire. Elle doit cependant s'harmonier aussi avec ses particularités physiques (une personne blonde ne porte pas les mêmes pierres qu'une brune), avec ses sentiments (une personne calme est mal à l'aise en portant une gemme de couleur trop agressive).
La gemme doit offrir un complément à la personne qu'elle orne en vibrant, en vivant à l'unisson avec elle. Et, malgré l'attitude de scepticisme généralisé affecté aujourd'hui, n'y a t'il pas là le reste d'une superstition ancestrale?