Selon le philologue Claude saumaise (1588-1653), le mot grec eima, qui désignait poétiquement un vêtement-ornement, fut transformé en gemma par les Eoliens. Repris littéralement en latin, gemma désigne alors l’ornement au sens large: bourgeon sur la plante, cristal dans le filon métallifère, pierre précieuse sur l’individu. Ainsi le terme gemme traduit il bien en tant que vêtement-ornement, la sensation de nudité ressentie par certaines personnes en ôtant leurs bijoux, et , en tant que bourgeon de pierre, la croyance en la régénération des filons. En effet, au cours de leur progression souterraine, les mineurs exploitaient des filons métallifères pour en extraire l‘or, l’argent, le cuivre, l’étain, etc…, et rencontraient des géodes tapissées de cristaux diaphanes et bien formés: quartz, fluorite, calcite… qu’ils considéraient comme des bourgeons assurant la croissance du filon; les encroûtements de malachite ou de sulfates qui se formaient sur les bois de mines incitaient d’ailleurs à croire à la régénération du minerai, et donc des cristaux.



6 novembre 2006
Itinéraires des gemmes