Ulpien (170-228) fait allusion aux carrières dont la pierre se renouvelle par croissance, et PLine l’Ancien (23-79) signale le merveilleux phénomène des mines d’Espagne qui, après un certain temps d’abandon, produisent de nouveau de l’or. La classique technique de l’exploitation concistant à reprendre les haldes minières après les avoir laissés s’enrichir par action météorique, bien décrite par Jean Baptiste Tavernier dans les récits de ses voyages, est à l’origine de ces croyances qui ont fortement influencé le droit minier romain. Plus tard, ces idées se sont déformées: l’explorateur Livingstone raconte que des tribus africaines enterraient leur or afin d’en tirer davantage de profit. Cette conception de la procréation des gemmes par elles même est restée longtemps vivace. Au Moyen Âge, les auteurs distinguaient toujours des cristaux mâles et des cristaux femelles. Aujourd’hui encore, notre vocabulaire reste imprégné de cette idée: le minéralogiste parle de cristal transparent et propre, le joaillier parle de racine pour désigner un cristal pierreux et givré. Effectivement, un cristal limpide est souvent solidaire de la gangue par une partie givreuse, ce qui évoque bien le bourgeon de nos ancêtres, développé à partir de racines noueuses.









mer, nov 8, 2006
Itinéraires des gemmes