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L'électeur de Brandebourg nomma Jean baptiste Tavernier directeur d'une compagnie commerciale aux Indes ; il accepta et reprit le chemin de l'Asie. Mais il contracta une mauvaise grippe en descendant la Volga et mourut en 1689, à l'âge de 84 ans. Ses récits sur la Perse du chah Abbas II (1633-1667) font toujours autorité ; longtemps considéré comme un simple marchand, il a cependant laissé des documents exceptionnels sur cette région du monde alors presque inconnue des Européens. Il demeure l'un des plus grands experts en pierres précieuses.

Plus près de nous, Harry Winston (1896-1978) fut surnommé le Tavernier du XXe siècle. Né à New York, il étudia  la joaillerie dès l'âge de 15 ans à Los Angeles où son père tenait un tel commerce. Puis il fonda une petite société à New York, établissant d'excellentes relations avec les banquiers, réussissant à se faire adopter par la très fermée société new-yorkaise. Il fut le négociant en diamants le plus important de son époque et passa sa vie à voyager autour du monde, afin de découvrir des gemmes célèbres ou des diamants bruts dans lesquels il décelait de futures merveilles.

Devenu spécialiste des pierres importantes, Winston fit tailler les diamants les plus gros tels le Jonker (125,35 carats) issu avec 12 autres pierres d'un diamant brut de 726,60 carats, le Star of Independence en forme de poire de 75,52 carats, blanc exceptionnel et pur, issu d'un brut de 204,10 carats, ainsi baptisé en 1975 en l'honneur du bicentenaire des Etats Unis et vendu pour 4 000 000 de dollars dès la semaine où la taille fut achevée ; en 1938, fut découvert dans l'Etat de Minas Gerais, au Brésil, un diamant brut de 726,60 carats, nommé Vargas en l'honneur du président du brésil alors en exercice, qu'il acheta en 1939, après bien des péripéties, pour la somme de 600 000 dollars et dans lequel fut taillés 29 pierres, dont l'une de 48,26 carats, l'actuel Vargas, retaillé à 44,17 carats en 1958 pour le rendre pur.

Publié dans : Itinéraires des gemmes
Mardi 28 novembre 2006
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