Butins de guerre et trèsors de perles et pierres précieuses

La thésaurisation a dominé toute l’histoire de l’humanité, dont les guerres et les pillages ont bouleversé les inimaginables amoncellements de pierres précieuses.

L’or, l’argent, les pierres précieuses, les perles, faisaient partie des prises de guerre. Sous le République romaine, le général victorieux offrait une partie de son butin aux dieux, et éblouissait le peuple de Rome en l’exposant lors de son triomphe, cérémonie de gratitude qui lui était offerte. En 62 avant notre ère, le troisième triomphe de Pompée, vainqueur de Mithridate, roi du Pont, fut à cet égard d’un magnificence inoubliable, qui donna aux Romains le goût des perles et des pierres fines : un siècle plus tard, Pline énumère, entre autres, « neuf tablettes couvertes de vases en or et pierreries, trente trois couronnes de perles, une masse d’or quadrangulaire avec cerfs, lions, fruits de toutes sortes entourés d’une vigne, tout en or, une mosaïque de perles comportant un cadran solaire en son faîte, le portrait de Pompée lui même en perles, réel excès plutôt qu’un triomphe… » Et ce même Pompée donna au Capitole la fameuse dactyliothèque de Mithridate, dont 2000 coupes d’onyx et agates diverses sculptées.

Lors de la quatrième croisade, le siège de Constantinople se termina, le 12 avril 1204, par le pillage des trésors accumulés dans l’ancienne Byzance, source pour l’Europe d’un butin gigantesque, dont s’enrichirent les églises de la chrétienté occidentale. Dans sa Conquête de Constantinople, première oeuvre historique importante en langue française, Geoffroi de Villehardouin (1150-1213) écrit: »Il y en avait tant que c’était sans fin ni mesure. »
Lorsque Hernan Cortes et ses alliés indigènes prirent et pillèrent, le 13 août 1521, Tenochtitlan (actuelle Mexico), ce fut un massacre épouvantable. D’immenses richesses en or, argent et pierres précieuses partirent pour l’Espagne apparemment devenue le pays le plus riche de l’Ancien Monde. EN réalité, ces richesses provoquèrent une importante inflation et furent, à terme, cause du déclin espagnol.

Que reste-t-il aujourd’hui de tous ces trésors, si ce n’est de rares objets qui font l’orgueil de certains musés?

Le trésor de la Banque nationale d’Iran, qui provient en grande partie du pillage de Delhi par Nader Chah en 1739 lors de sa conquête de l’Empire moghol, garantissait, sous le gouvernement impérial du chah, la circulation fiduciaire iranienne. Parmi ses pièces les plus importantes, se trouvent le trône de Nader Chah (l’un des sept trônes moghols), recouvert de grosses émeraudes (225, 170, 130, 125 carats) et de nombreuses plus petites, de spinelles, de rubis, de diamants, et un globe terrestre de 75 livres d’or, décoré de 52 000 pierres précieuses où les émeraudes figurent les océans, les spinelles, rubis et saphirs les continents, et les diamants l’Empire Perse ainsi que les méridiens et les parallèles.

D’innombrables quantités de perles et de pierres non montées, des armes décorées, diverses couronnes, de la vaisselle d’or incrustée de gemmes complètent en outre ce fabuleux trésor. Le Darya-e-Nur [mer de lumière], diamant rectangulaire de 175 à 195 carats provenant de Golconde (Inde), probablement celui que décrit J-B Tavernier sous le nom de Grande Table, et le Nur-el-Aïn [lumière des yeux] de 60 carats, les plus gros diamants roses connus, constituent l’élite de la collection. Le Kuh-i-Nur [montagne de lumière] de 106 carats, appartenant aujourd’hui à la Couronne britannique, et le Chah de 88,7 carats, qui se trouve dans le Trésor de l’ex-Union soviétique, faisaient autrefois partie de cet ensemble. Bien d’autres pierres moins célébres ont dû souffrir des drames historiques de la Perse depuis Nader Chah; que deviendront ces richesses?

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