Diamants d’Afrique

bague

James Wykeham, sheriff adjoint de Hopetown, en offrit 11 000 livres. Assisté de Louis Hond, Lilienfeld frères offrit 100 livres supplémentaires. Louis Hond persuada Van Nierkerk que Wykeham ne pourrait pas réunir 11 000 livres et le convainquit d’accepter sa nouvelle offre de 11 200 livres.

Avant d’être envoyée à Londres, où elle fut vendue à la comtesse de Dudley pour les 25 000 livres espérées par Louis Hond, la pierre fut exposée le 2 juin 1869 à la Bourse du Commerce du Cap, où le secrétaire colonial aurait dit : « Ce diamant, messieurs, est la pierre sur laquelle sera bâtie la future prospérité de l’Afrique du Sud. « Taillée, elle deviendra la brillant ovale de 47,69 carats nommé par Richard Southey Etoile d’Afrique du Sud, vendu à Genève le 2 mai 1974 chez Christie’s pour 552 000 dollars (225 000 livres).

En relatant cette découverte, le journaliste du Colesberg Advertiser écrivait : « Je me demande ce que dirait l’ami Gregory s’il était là », et il signalait la découverte d’un autre diamant de 7,25 carats. L’origine des pierres ne faisait plus de doute, Harry Emmanuel se déplaça en personne, et ce fut la ruée…

Du monde entier, des milliers d’aventuriers, qui laissèrent bientôt pousser leurs favoris pour se protéger la figure du soleil, envahirent le pays, d’abord loin des rivières, car Booi avait trouvé l’Etoile d’Afrique du Sud dans les terres. Puis ils se rapprochèrent des cours d’eau. Les fermiers vendaient le droit de fouille. Des transporteurs proposaient un voyage plus rapide. Hopetown (ville de l’espoir), au nom prédestiné, devint une ville agitée. Des rixes opposaient prospecteurs et fermiers. Des concessions stériles étaient « salées » de quelques diamants pour être revendues à prix élevé. Chacun était armé…

Une Digger’s Republic (République des prospecteurs) fut créée en réaction à une mainmise des gouvernements Transvaal et de l’Etat libre d’Orange sur les champs diamantifères. Elle maintint un ordre relatif, puis disparut et, en octobre 1871, cette région, le Griqualand, devint colonie de la Couronne Britannique.

Pendant ce temps, le prix des diamants chutait des deux tiers, reprenant son ancien niveau du XVIIIe siècle, car, par suite de l’affrontement franco-allemand, le marché de Paris, s’était fermé.

En juillet 1870, un conducteur de chariots, Julius Bam, trouva un diamant sur la ferme de Koffiefontein. Les amis qu’il rassembla pour exploiter le site furent discrets, aussi travaillèrent-ils en paix. Il apparut bientôt que c’était la première cheminée (pipe) diamantifère, d’un diamètre de 350m environ. La profondeur de l’excavation était telle que en 1874, Julius Bam installa une exhaure mue par un cheval. Les droits furent vendus en 1891 à Alfred Mosely, qui forma une compagnie d’exploitation et trouva la même année un diamant et 136 carats.

En août 1870, De Kerk, contremaître à Jagersfontain, avait visité les prospecteurs du Vaal. Il était bien décidé à tenter sa chance dans le ruisseau à sec pendant l’été, celui qui traversait sa ferme. Il trouva un diamant de 50 carats. Peu de prospecteurs se joignirent à lui, car Miss Visser louait 2 livres par mois (somme assez élevée) les concessions (10×10m environ) qu’elle accordait.

Dès 1878, il apparut que Jagersfontein était aussi une cheminée volcanique de 250×350m. A cet endroit, le 30 juin 1893, peu avant minuit, un travailleur indigène apporta au directeur de la mine le diamant de 995,2 carats (199,04g; 6.5×5×2.5cm) qu’il avait trouvé dans la journée sur un tas de graviers qu’il chargeait dans un camion. De grande qualité, ce diamant, le plus gros extrait jusqu’alors (actuellement le plus gros diamant jamais trouvé au monde), fut nommé Excelsior et valut à son inventeur 500 livres, un cheval et son équipement, et l’autorisation de résilier son contrat.

Ce diamant ne fut vendu, en lot avec le Reitz de 650,8 carats trouvé fin 1895 à Jagersfontein, que 25 000 livres en mai 1896, une excellente affaire pour l’acheteur, Herrman Hirsche. La taille de l’Excelsior en 1903 fut un véritable massacre. Il en résultat 21 pierres de 70 à 1 carats (dont une poire de 69,68 carats) donnant en tout 373,75 carats, soit un rendement en masse de 37%.

Le Reitz au contraire, fut taillé en 1896 en un coussin de 245,35 carats, le Jubilee, qui fut estimé 7 000 000 de francs lors de l’exposition universelle de Paris en 1900. Un puits de 310m fut foré en 1910 afin de poursuivre l’exploitation de cette cheminée par galeries souterraines ; Koffiefontein et Jagersfontein restèrent en dehors des territoires soumis à la loi de 1871 sur les concessions.

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