Gemmes et pierres protectrices

Symbole d’appartenance, emblème divin, il n’y a qu’un pas à faire pour transformer la gemme en talisman, qui assure à celui qui le porte la protection divine dans la mesure où cette pierre figure le dieu ou simplement un signe cabalistique. Sculpté dans une pierre verte, Khepri, le scarabée, l’un des aspects du soleil symbole d’immortalité, fut ainsi très populaire au temps des pharaons. Au Moyen Âge, maintes personnes portaient une gemme ou un bijou en pierres fines gravé du fameux mot magique « abrasax » ou « abraxas », dont la somme des valeurs numériques des lettres est égale au nombre de jour de l’année. Pour remercier le dieu de ses bienfaits, notamment une guérison, une petite sculpture votive représentant la partie guérie est offerte au temple; bientôt, la gemme est considérée comme le véritable agent protecteur. Elle est censée protéger autant d’infortunes morales. Ces superstitions, encouragées par de nombreux charlatans qui tenaient ainsi la foule crédule sous leur charme, ont été cependant vigoureusement combattues dés l’Antiquité par les élites.

L’avis de la médecine antique

La médecine antique comprend bien que l’action curative d’une gemme ne peut être efficace que si elle est ingérée et diverses potions sont élaborées à l’aide de poudre de gemmes (la pharmacopée moderne agit de même lorsqu’elle prépare du bicarbonate de soude, des sels de bismuth, etc…). Cela donna toutefois lieu, durant le Moyen Âge, à de véritables excès, qui conduisirent à de pittoresques traditions, parfois encore vivantes. A. Boèce de Boot écrivait en 1609: « Jusques aussi monte la meschanceté des hommes qui souvent contre les remords poignans de la conscience, suivant en cela les avis d’une sale avarice, baillent à des qualités divines aux pierres précieuses, à fin de les pouvoir vendre à un prix excessif! » (langage du français ancien).

Le nouveau symbolisme « sermonal »

Tandis que se développent ces superstitions illustrées par le lapidaire de Marbode, qui sera nommé évêque de Rennes en 1096 et qui regretta amèrement cette oeuvre de jeunesse, maintes fois traduite et interprétée, les responsables ecclésiastiques s’efforcent de les reprendre à leur compte en les modifiant par une interprétation sur la signification des douze pierres du pectoral du grand prêtre et sur celle des douze pierres du gardien de la Jérusalem de l’Apocalypse de saint Jean. le nouveau symbolisme « sermonal », complété par celui des douze pierres de la couronne de la Vierge, attribué à saint Hildefonse, est bien illustré par le Lapidaire en vers du XIIIe siècle commandé par saint Louis (1215-1270).

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